La foi, rempart contre la dépression

La foi, rempart contre la dépression

Comprendre la dépression

Le terme "dépression" est très ancien puisqu'il est entré dans le langage médical au 18ème siècle. Les écrits décrivant ce que nous appelons aujourd'hui "dépression" ou "maladie dépressive" remontent aussi loin que possible dans l'histoire de l'humanité. Hippocrate mentionnait déjà ces états mentaux pathologiques. Le médecin grec Hippocrate décrit à son époque un syndrome de mélancolie.

Depuis les années 1970, le nombre de personnes souffrant de dépression a explosé : une véritable épidémie.

En France, on estime que près d’une personne sur cinq a souffert ou souffrira d’une dépression au cours de sa vie. La dépression est une maladie qui touche tous les âges, depuis l’enfance jusques très tard dans la vie. En 2010, 7,5 % des 15-85 ans auraient vécu un épisode dépressif, avec une prévalence deux fois plus importante chez les femmes que chez les hommes (Source : Institut national de prévention et d’éducation pour la santé).

Cependant, la dépression ne concerne pas que les adultes. La prévalence des troubles dépressifs est estimée entre 2,1 à 3,4 % chez l’enfant et à 14 % chez l’adolescent.
Les chiffres et statistiques des troubles dépressifs dans le monde.

L’OMS (Organisation mondiale pour la Santé) estime que les troubles dépressifs représentent le 1er facteur de morbidité et d’incapacité sur le plan mondial (communiqué de mars 2017). Ainsi, on compte plus de 300 millions de personnes dans le monde souffrant de dépression soit une augmentation de plus de 18 % de 2005 à 2015. La dépression n’est pas un trouble de santé à prendre à la légère. Elle peut conduire au suicide. Chaque année, près de 800 000 personnes meurent en se suicidant. Le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les 15-29 ans.
Ces chiffres inquiétants mobilisent les organisations de santé au niveau mondial et national. L’OMS a renforcé le programme d’action « Combler les lacunes en santé mentale (mhGAP)». Ce programme a pour but d’aider les pays à élargir les services destinés aux personnes atteintes de troubles mentaux, neurologiques ou liés à l’utilisation de substances. 

La dépression est la première cause de suicide : près de 70 % des personnes qui décèdent par suicide souffraient d’une dépression, le plus souvent non diagnostiquée ou non traitée.

Les symptômes de la dépression sont entre autres :

  • Ralentissement intellectuel
  • Diminution de l’attention, de la concentration et de la mémoire.
  • Dévalorisation de soi et culpabilité
  • Pensées négatives
  • Pensées autour de la mort
  • Dégradation du sommeil
  • Altération de l’appétit
  • Problèmes sexuels
  • Symptômes physiques

Une étude de la revue BMC Medicine révèle que la dépression progresse à travers le monde et est plus susceptible de toucher les personnes vivant dans les pays les plus riches que les plus pauvres.

La dépression dans les pays développés prend des proportions alarmantes de jour en jour. Très peu présente dans la société il y a quelques années, la dépression se classe aujourd’hui parmi les quatre premières causes de consultation. D’après le docteur Marie-Claude Lamarche, psychologue en entreprise, la situation est critique. Selon un rapport de l’OMS, elle devrait être une des trois premières causes des années de vie corrigées de l’incapacité perdues au plan mondial d’ici 2030.
Dans les pays en voie de développement, le constat n’est pas moins sidérant. La dépression serait l’un des principaux voire le premier problème de santé dans ces pays d’ici 2020 (rapport OMS). Face à ce drame, il y a lieu de se poser certaines questions ou plutôt une seule: qu’est ce qui cause la dépression?

Les causes sont multiples et diverses, mais une vient en tête de liste : le stress. L’individualisme, la performance, l’autonomie sont les maîtres mots de la société actuelle. Elle va à deux vitesses, le travail prend le pas sur la famille et la distraction. L’individu est soumis à une très grande et constante pression et doit atteindre un certain nombre d’objectifs très précis, ce qu’il n’arrive pas toujours à faire. Une perte de l’estime de soi s’installe par conséquent ainsi qu’un déséquilibre au plan psychologique.

Scientifiquement, la dépression s’explique par un déséquilibre au niveau des neurotransmetteurs du cerveau plus particulièrement un déséquilibre dans la production de sérotonine, l’hormone de l’humeur.

L’origine de la dépression peut être attribué à des facteurs de 3 ordres:

  • Biologiques : la survenue des symptômes de la dépression est liée à une perturbation du fonctionnement cérébral. C’est bien le fonctionnement du cerveau qui est atteint, non sa structure.
  • Psychologiques : des mécanismes psychologiques particuliers sont également impliqués dans la dépression : sentiments de perte, conflits moraux, croyances négatives, mauvaise estime de soi (« Je ne peux rien faire de bon », « Je ne vaux rien »…).
  • L’environnement social ou familial : certains événements de la vie très perturbants ou un stress excessif et permanent peuvent favoriser l’apparition d’une dépression. Par exemple, la mort d’un être cher, la perte d’un travail, une rupture affective, des conflits familiaux ou sociaux, une maladie…